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Tableaux à l'huile 2011 (1)

 

 

 

T1

JANUS,

ou la vacuité du réel,

huile sur bois, 115/115, 2011

 

 

T2

MAFI KHOUF BAADALUNE

huile sur bois, 115/115, 2011

 

 

Bernard Pons travaille les mythes fondateurs,  les manipule, se joue des codes et joue des coudes dans la forêt des sens.
La  polysémie  délibérée  de  ses  figures  nous  conduit  et  nous  éconduit ; cette peinture  ne  se  livre  pas  immédiatement ; elle  exige  du  regard  une  attention flottante  avant  d’entamer  le  dialogue.
Magie  blanche , verte , rouge , rose  et  noire , que  celui  qui  regarde  s’enchante et/ou s’inquiète  tour  à  tour  à  la  vue  de  ses  personnages  chamaniques , totémiques , poétiques.
Tel  un  frisson  reptilien , l’érotisme  latent  qui  parcourt  chaque  pièce  fait  résonner en nous  quelqu’écho  enfoui , insoupçonnable.
Per  fas  et  nefas , ils  pervertissent  notre  conscience  en  nous  faisant  douter  de  la réalité  comme  de  l’usage du monde.
C’est  avec  un  sens  très  affirmé , tant  de  la  matière  que  du  chromatisme , que Bernard  Pons  propose  cette  vision  intemporelle.  L’artiste  nous  éclaire  autant  que nous  égare.

 

 

ILLANKALE Sa chair est terre son esprit est soleil

 

T3

Hillan Kale

Huile sur bois, 120/120, 2011

 

 

T4

FARCE A FACE

Huile sur bois, 120/120, 2011

 

La philosophie amérindienne, la vision et l’explication amérindienne du monde. Cette philosophie se développe selon deux grands axes : l’homme est le fils de la Terre (la Pachamama des Andes) à laquelle il doit tout et d’autre part, il est partie intégrante de l’Univers - même s’il n’est que minuscule poussière - dont il doit respecter les lois et préserver l’harmonie. Un philosophe aymara de Bolivie écrit : "L’homme n’est pas un être distinct de la Terre qui l’a engendré. Sa chair est Terre, son esprit est Soleil, la pensée est une étincelle de Soleil incrustée dans le cerveau humain", avant d’ajouter : "L’homme, synthèse cosmique, étincelle solaire, ne conçoit pas la naissance et la mort : vie et mort sont deux formes naturelles de la pulsation infinie du cosmos." Dans une langue plus poétique, le grand chef peau-rouge Seattle disait la même chose dans sa célèbre réponse au président des États-Unis qui, en 1855, lui proposait d’acheter les terres de son peuple : "Nous sommes une partie de la Terre et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs, le cerf, le cheval, le grand aigle sont nos frères. Les crêtes rocheuses et la campagne verdoyante, la chaleur des poneys et des êtres humains, tout appartient à la même famille." L’Amérindien "sent" qu’il fait totalement partie du cosmos et que, donc, comme le cosmos, la vie amérindienne est infinie, éternelle, indestructible. Quant à la Terre-Mère, elle est sacrée car c’est la grande force dispensatrice de vie à travers les aliments et les choses aussi nécessaires que l’air que l’on respire, l’eau des sources et des torrents que l’on boit, le bois dont on fait le feu ou les plantes médicinales qui conservent et rétablissent la santé. Pour la Terre-Mère, pour la Pachamama, l’Amérindien éprouve une véritable piété filiale, il a des devoirs envers elle, il doit la défendre coûte que coûte si elle est maltraitée, attaquée. La résistance amérindienne se confond ainsi avec la défense de la Terre-Mère ! D’autre part, mère de tous les hommes - lesquels sont donc frères - la Terre ne peut appartenir à aucun homme en particulier. L’Amérindien, dans un souci de fraternité, lutte contre l’accaparement individuel de la source de vie. Mais chaque communauté possède - ou plus exactement, a en gérance - la terre suffisante pour la subsistance de ses membres, lesquels, bien entendu, doivent la faire fructifier, le travail prenant presque toujours des formes communautaires. Mais la terre productrice de vie, il ne faut pas la saccager, la violer, l’obliger à produire plus qu’il n’est besoin aujourd’hui car il ne faut pas léguer aux générations futures, qui ont droit à la vie, une terre ravagée, dévastée, improductive. Respect de la terre, respect de la vie sous toutes ses formes : aucune plante, aucun animal, même nécessaire à la vie humaine ne doit être sacrifié inutilement : chacun a droit à sa part de vie ! Souci écologique avant la lettre ? Cela y ressemble fort mais fait partie d’une vision du monde fort différente de l’occidentale.

Christian Rudel

 

 

T5

CHARON LE PASSEUR

Huile sur bois, 115/115, 2011

 

 

 

je ne voyais pas en eux des géants, mais seulement de beaux hommes

T6

DON JUAN

huile sur bois, 115/115, 2011

 

MA FI KHOUF BAAD EL- YOUM
à partir de ce jour nous avons
pas peur.
Comme une exigence morale claire et irréductible
Une volonté où la frontière 
entre le réel et le rêve a disparu et 
où la réalité de l’image se nourrit d’irréel.
Rien c'est déjà beaucoup.
Téhéran, Buenos aires, Bogota,
les intelligences collectives
cherchent une image d’elle
même, la quête de nouveaux
désirs, de nouveaux symboles,
de nouvelles formes de
beauté.

 

 

raspoutine

RASPOUTINE

huile sur bois, 115/115, 2011

 

 

 

Chaque homme est une histoire sacrée

 

T7

Huile sur bois, 115/115, 2011

 

 

 

DURA SEX LED LEX

T8

Huile sur bois, 115/115, 2011

 

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